Qu’est-ce qu’une obligation? Comment fonctionnent les obligations, en termes simples
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Dernière mise à jour : octobre 2026
Une obligation est un prêt à un gouvernement, à une entreprise ou à une autre organisation. Dans une obligation typique, l’emprunteur vous verse des intérêts selon un calendrier et rembourse la valeur nominale à une date fixée. Les obligations peuvent s’acheter et se vendre avant cette date, de sorte que le prix peut changer même lorsque les versements promis restent fixes.
Les obligations sont l’exemple le mieux connu du revenu fixe, un groupe de placements construit autour de versements prévus (les CPG en sont un autre). L’article sur les classes d’actifs montre où elles se situent dans un portefeuille.
Les obligations semblent compliquées parce que plusieurs chiffres leur sont attachés (valeur nominale, taux du coupon, échéance, prix du marché, taux de rendement), et ces chiffres ne bougent pas ensemble. La mécanique est plus simple que le vocabulaire le laisse croire. Cet article suit une obligation, de l’achat à l’échéance, avec une arithmétique claire. Il modélise une obligation conventionnelle à taux fixe et laisse de côté les variantes plus spécialisées.
Comment fonctionne une obligation?
Supposons qu’une entreprise veuille emprunter pour cinq ans. Au lieu d’emprunter le tout à une banque, elle vend des obligations à des investisseurs. L’emprunteur s’appelle l’émetteur. Ce peut être un gouvernement, une entreprise ou une autre organisation. Acheter l’obligation fait de vous un prêteur plutôt qu’un propriétaire, ce qui est la différence essentielle avec une action (voir Qu’est-ce qu’une action?).
Vous achetez une de ces obligations aux conditions suivantes :
- Valeur nominale : 1 000 $
- Taux du coupon : 4 %
- Échéance : 5 ans
Un coupon de 4 % sur une obligation de 1 000 $ signifie 1 000 $ × 4 % = 40 $ par année. À la fin de la cinquième année, l’entreprise rembourse les 1 000 $.
Pour garder l’arithmétique simple, cet exemple verse le coupon une fois par année. Beaucoup d’obligations canadiennes conventionnelles versent la moitié du coupon annuel tous les six mois. Les obligations du gouvernement du Canada émises sur le marché intérieur paient la moitié de leur taux d’intérêt nominal, multipliée par le principal, tous les six mois. Le total annuel est le même.
| Année | Intérêt | Principal remboursé | Total reçu |
|---|---|---|---|
| 1 | 40 $ | 0 $ | 40 $ |
| 2 | 40 $ | 0 $ | 40 $ |
| 3 | 40 $ | 0 $ | 40 $ |
| 4 | 40 $ | 0 $ | 40 $ |
| 5 | 40 $ | 1 000 $ | 1 040 $ |
Sur cinq ans, vous recevez 200 $ d’intérêt plus vos 1 000 $, en supposant que l’émetteur effectue chaque versement promis.
Chronologie des flux de trésorerie sur cinq ans
-
An 0
Achat
−1 000 $
-
An 1
Coupon
+40 $
-
An 2
Coupon
+40 $
-
An 3
Coupon
+40 $
-
An 4
Coupon
+40 $
-
An 5
Échéance
+1 040 $
40 $ de coupon final + 1 000 $ de valeur nominale remboursée
Que signifient la valeur nominale, le taux du coupon, l’échéance et le prix du marché?
Valeur nominale
La valeur nominale (aussi appelée valeur au pair ou principal) est le montant que l’émetteur promet de rembourser à l’échéance. Dans notre exemple, c’est 1 000 $. Ce n’est pas nécessairement ce que vous payez pour l’obligation.
Taux du coupon
Le taux du coupon fixe les versements d’intérêt, calculés sur la valeur nominale. Il est fixé à l’émission d’une obligation conventionnelle. Si les taux d’intérêt du marché montent ensuite, votre versement reste à 40 $, parce que c’est ce que dit le contrat.
Date d’échéance
La date d’échéance est le moment où l’obligation arrive à terme et où la valeur nominale est remboursée. Elle peut être à des mois ou à des décennies. Le temps qui reste compte, parce qu’une obligation qui verrouille ses versements pendant 20 ans se comporte très différemment d’une obligation qui arrive à échéance l’an prochain.
Prix du marché
Le prix du marché est ce que quelqu’un paiera pour l’obligation aujourd’hui. Il peut être de 1 000 $, de 960 $, de 1 040 $, ou de tout autre montant fixé par le marché. C’est l’idée centrale de l’article :
Les versements promis d’une obligation peuvent rester les mêmes pendant que son prix de marché change.
Pourquoi le prix des obligations change-t-il?
Parce que les taux d’intérêt changent, et qu’une obligation déjà émise doit rester concurrentielle par rapport à ce que les investisseurs peuvent acheter ailleurs.
Supposons que vous détenez l’obligation à 4 %, et que de nouvelles obligations de qualité et d’échéance semblables paient maintenant 5 %. Personne ne paiera 1 000 $ pour votre obligation de 40 $ par année quand 1 000 $ achètent 50 $ par année ailleurs. Le prix de votre obligation doit baisser jusqu’à ce que l’acheter soit aussi intéressant qu’acheter une obligation neuve. Si les nouvelles obligations paient plutôt 3 %, votre versement de 40 $ paraît généreux, et les acheteurs paieront plus de 1 000 $.
Cela donne la relation centrale du placement en obligations :
Quand les taux de rendement du marché montent, le prix des obligations existantes baisse en général.
Quand les taux de rendement du marché baissent, le prix des obligations existantes monte en général.
Ici, le taux de rendement désigne le taux que les investisseurs exigent actuellement d’obligations de risque et d’échéance semblables. L’article compagnon, dont le lien est plus bas, explique en quoi le taux de rendement diffère du rendement obtenu.
Un exemple sur un an
Prenez une obligation à qui il reste un an. Elle versera 40 $ d’intérêt plus 1 000 $ de principal, soit 1 040 $ au total. Si les investisseurs exigent 5 %, le prix est ce 1 040 $ futur actualisé sur un an :
1 040 $ ÷ 1,05 = 990,48 $
Si le taux exigé tombe à 3 % :
1 040 $ ÷ 1,03 = 1 009,71 $
L’obligation elle-même n’a pas changé. Elle promet toujours 1 040 $ dans un an. Ce qui a changé, c’est le prix que les investisseurs paieraient pour cette promesse. Les obligations à qui il reste plus d’années ont plus de versements à actualiser, mais la logique est la même.
Le taux du coupon est-il le même que le rendement?
Non, et cette distinction piège beaucoup de nouveaux investisseurs.
Le taux du coupon est 40 $ ÷ 1 000 $ de valeur nominale = 4 %. Supposons maintenant que trois investisseurs détiennent cette obligation, et que chacun a payé un prix différent :
| L’investisseur paie | Reçoit chaque année | Reçoit à l’échéance |
|---|---|---|
| 900 $ | 40 $ | 1 000 $ |
| 1 000 $ | 40 $ | 1 000 $ |
| 1 100 $ | 40 $ | 1 000 $ |
L’obligation et ses versements sont identiques, mais les résultats ne le sont pas. Si chaque investisseur conserve l’obligation jusqu’à l’échéance, celui qui a payé 900 $ gagne le plus et celui qui a payé 1 100 $ gagne le moins. Le coupon, le taux de rendement et le rendement obtenu sont trois idées distinctes, et l’article Taux de rendement et rendement d’une obligation : ce n’est pas la même chose les démêle.
Comment gagne-t-on de l’argent avec une obligation?
Il y a deux sources :
Les versements d’intérêt
Les coupons, 40 $ par année dans notre exemple.
Les variations de prix
Si vous vendez avant l’échéance, vous pouvez recevoir plus ou moins que ce que vous avez payé. Achetez à 950 $ et vendez à 980 $, et vous gagnez 30 $. Vendez plutôt à 900 $, et vous perdez 50 $.
Votre résultat dépend des deux, donc le coupon seul donne un portrait incomplet.
Que se passe-t-il si vous conservez une obligation jusqu’à l’échéance?
Conserver une obligation individuelle jusqu’à l’échéance change l’importance d’une baisse de prix. Supposons que vous achetez une obligation gouvernementale d’une valeur nominale de 1 000 $ pour 1 000 $, et que son prix de marché tombe ensuite à 920 $. Si vous devez vendre aujourd’hui, vous encaissez cette perte. Si vous conservez l’obligation et que l’émetteur paie comme promis, la baisse de prix ne change pas ce que le contrat vous verse : chaque coupon prévu, puis la pleine valeur nominale de 1 000 $ à l’échéance.
Conserver jusqu’à l’échéance n’élimine pas le risque. L’émetteur peut faire défaut, l’inflation peut éroder la valeur de vos versements, et vous pourriez avoir besoin de l’argent plus tôt. Ce que cela fait, c’est séparer deux événements différents : une baisse du prix de marché et un défaut de paiement.
Les obligations sont-elles sûres?
Cela dépend de l’obligation. Une obligation à court terme du gouvernement du Canada et une obligation à long terme d’une entreprise très endettée sont toutes deux des « obligations », mais elles ne sont pas équivalentes sur le plan économique. Plusieurs risques comptent, et voici les principaux :
- Risque de crédit : l’émetteur ne paie pas l’intérêt ou le principal. Les investisseurs exigent des taux de rendement plus élevés des émetteurs jugés plus risqués.
- Risque de taux : les prix baissent quand les taux du marché montent, et l’effet est plus grand pour les obligations à échéance plus longue. L’arithmétique est dans l’article sur le taux de rendement et le rendement.
- Risque d’inflation : un versement fixe de 40 $ par année achète moins chaque année à mesure que les prix montent, même si chaque paiement arrive à temps. Voir l’inflation et les rendements réels.
- Risque de liquidité : certaines obligations sont difficiles à vendre rapidement à un prix juste.
- Risque de réinvestissement : si les taux baissent, vous devrez peut-être réinvestir vos coupons à des taux plus bas.
- Risque de change : une obligation en devise étrangère peut gagner ou perdre de la valeur en dollars canadiens quand le taux de change bouge.
Faut-il détenir des obligations individuelles ou un fonds d’obligations?
Beaucoup d’investisseurs détiennent des obligations par l’intermédiaire de fonds communs de placement ou de FNB. Un fonds d’obligations détient habituellement de nombreuses obligations, parfois des centaines ou des milliers, et remplace celles qui arrivent à échéance. Le fonds lui-même n’a normalement pas une seule date d’échéance.
Cela change l’idée de « conserver jusqu’à l’échéance ». Elle s’applique naturellement à une obligation, mais fonctionne autrement pour un fonds qui n’arrive jamais à échéance, parce que le prix du fonds continue de refléter les taux d’intérêt courants.
Pourquoi les investisseurs détiennent-ils des obligations?
Les obligations peuvent fournir un revenu d’intérêt. Les obligations de grande qualité peuvent aussi se comporter différemment des actions dans certaines conditions de marché, ce qui peut réduire les oscillations d’un portefeuille diversifié. Et parce que leurs versements sont prévus, les obligations peuvent aider à faire correspondre les placements à des dépenses futures connues.
Les obligations peuvent quand même faire perdre de l’argent, parce que les prix bougent, que les émetteurs peuvent faire défaut et que l’inflation compte. La question utile n’est jamais seulement « est-ce une obligation? ». C’est : quelle obligation, de qui, qui paie quoi, sur quelle période, à quel prix?
L’essentiel
Une obligation est un flux négociable de trésorerie future. Vous payez un prix aujourd’hui pour une série contractuelle de coupons et pour le remboursement de la valeur nominale à l’échéance. Le marché décide ensuite ce que ce flux vaut, et cette valeur se déplace quand les taux d’intérêt, les attentes d’inflation, le risque de crédit et le temps jusqu’à l’échéance changent.
C’est pourquoi le revenu qu’une obligation verse et le rendement qu’un investisseur obtient peuvent différer, ce qui est le sujet de Taux de rendement et rendement d’une obligation : ce n’est pas la même chose.
Foire aux questions
Oui. Vous pouvez perdre de l’argent si l’émetteur fait défaut, ou si vous vendez avant l’échéance à un prix inférieur à celui que vous avez payé. L’inflation peut aussi réduire le pouvoir d’achat de ce que vous recevez, même lorsque chaque versement arrive comme promis.
Les nouvelles obligations commencent à payer le taux plus élevé, donc les obligations plus anciennes, au coupon plus bas, deviennent moins attrayantes. Leur prix baisse jusqu’à ce que les versements qui restent soient concurrentiels avec ce qu’offrent les nouvelles obligations.
Une action est une part de propriété dans une entreprise. Une obligation est un prêt à l’émetteur. Les détenteurs d’obligations sont des créanciers et se classent en général devant les actionnaires si l’entreprise fait faillite, mais ils ne participent pas à la croissance de l’entreprise comme le font les actionnaires. Dans une faillite, la Loi sur la faillite et l’insolvabilité reporte les réclamations relatives à des capitaux propres jusqu’à ce que les réclamations qui n’en sont pas aient été satisfaites. Une action est un intérêt relatif à des capitaux propres au sens de cette loi.
Une obligation individuelle a une date d’échéance à laquelle sa valeur nominale doit être remboursée. Un fonds d’obligations détient de nombreuses obligations, les remplace à mesure qu’elles arrivent à échéance, et n’a normalement pas de date d’échéance finale.
Le revenu fixe est une vaste catégorie de placements qui versent habituellement des montants prévus, comme des intérêts plus le remboursement de la valeur nominale à l’échéance. Les obligations en sont l’exemple le mieux connu, et les CPG en sont un autre. Les versements sont fixés d’avance, mais les obligations et les autres placements à revenu fixe négociés sur le marché peuvent quand même changer de prix.