Gains en capital, dividendes ou intérêts : lequel est le moins imposé au Canada?
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Mis à jour en juin 2026
Le Canada n’impose pas tous les revenus de placement de la même façon. Les intérêts subissent généralement l’un des traitements fiscaux les plus lourds. Seule une partie d’un gain en capital est incluse dans le revenu imposable. Les dividendes canadiens passent par un mécanisme de majoration et de crédit d’impôt qui peut rendre les dividendes déterminés très efficaces fiscalement à certains niveaux de revenu. Les dividendes étrangers ne donnent pas droit au crédit d’impôt canadien pour dividendes.
Connaître le classement fiscal ne signifie toutefois pas savoir quel placement est meilleur. Un taux d’imposition plus bas est un avantage, pas une garantie — parfois, le placement dont le traitement fiscal est moins favorable gagne quand même parce que son rendement avant impôt est plus élevé. C’est la question que cet article place au premier plan.
Réponse rapide
Dans un compte non enregistré imposable, les intérêts sont généralement les plus lourdement imposés parce que chaque dollar est inclus dans le revenu imposable au plein taux marginal. Les gains en capital sont plus efficaces fiscalement parce qu’une seule partie du gain est imposable, et l’impôt est généralement reporté jusqu’à la vente. Les dividendes déterminés de sociétés canadiennes peuvent être très efficaces à certains niveaux de revenu, parce que la majoration et le crédit d’impôt pour dividendes visent à tenir compte de l’impôt des sociétés déjà payé avant que le dividende arrive à l’actionnaire. Les dividendes autres que déterminés donnent droit à des crédits plus faibles. Les dividendes étrangers n’obtiennent pas le crédit d’impôt canadien pour dividendes et peuvent aussi arriver après retenue d’impôt étrangère.
Rien de cela n’est un classement des placements — seulement des types de revenus. Le placement doit encore valoir la peine d’être détenu.
Dans cet article
- Traitement fiscal en un coup d’œil
- Exemple ontarien : 60 000 $ de revenu, puis 10 000 $ de plus
- Pourquoi les dividendes déterminés semblent si efficaces fiscalement
- Le classement fiscal n’est pas le classement des placements
- Pourquoi le taux d’imposition le plus bas ne gagne pas toujours
- Les dividendes ne sont pas un rendement supplémentaire
- Les comptes enregistrés peuvent changer la réponse
- Conclusion
- FAQ
Traitement fiscal en un coup d’œil
| Type de revenu | Traitement fiscal canadien de base | Point principal |
|---|---|---|
| Intérêts | Entièrement inclus dans le revenu imposable | Pas d’inclusion partielle, pas de crédit; imposés au plein taux marginal |
| Gains en capital | Seule une partie du gain est incluse dans le revenu imposable | Taux d’inclusion de 50 % dans l’exemple ci-dessous; impôt généralement reporté jusqu’à la vente |
| Dividendes déterminés canadiens | Majorés, puis réduits par les crédits d’impôt fédéral et provincial pour dividendes | Peuvent être très efficaces fiscalement, selon la province, le revenu et le type de dividende |
| Dividendes canadiens autres que déterminés | Majoration plus faible, crédits d’impôt pour dividendes plus faibles | Fréquents avec le revenu de SPCC; moins favorables que les dividendes déterminés |
| Dividendes étrangers | Inclus en totalité dans le revenu; pas de crédit d’impôt canadien pour dividendes | Peuvent aussi subir une retenue d’impôt étrangère avant d’arriver dans un compte canadien |
Pour le contexte des comptes imposables, voir Compte non enregistré. Pour tester votre province, votre revenu et vos types de revenus, utilisez le calculateur d’impôt sur le revenu des particuliers au Canada ou le calculateur d’impôt sur les gains en capital au Canada.
Exemple ontarien : 60 000 $ de revenu, puis 10 000 $ de plus
Supposons qu’un résident de l’Ontario a 60 000 $ de revenu imposable avant ses revenus de placement, puis gagne 10 000 $ de plus dans un compte non enregistré imposable — sous forme d’intérêts, de gain en capital réalisé ou de dividendes déterminés canadiens provenant d’une société canadienne cotée en bourse.
Hypothèses : résident de l’Ontario, année d’imposition 2026, revenu imposable existant de 60 000 $, compte non enregistré imposable, aucune perte en capital, aucun autre gain en capital réalisé dans l’année, aucun ajustement lié à la Contribution-santé de l’Ontario, aucune récupération de prestations fondée sur le revenu.
À 60 000 $ de revenu existant, le prochain dollar de revenu ordinaire tombe dans la tranche fédérale de 20,5 % et dans la tranche ontarienne de 9,15 % — un taux marginal ordinaire combiné de 29,65 %.
| Type de revenu supplémentaire | Montant reçu | Impôt sur le revenu supplémentaire | Montant après impôt | Taux d’imposition effectif |
|---|---|---|---|---|
| Intérêts | 10 000,00 $ | 2 965,00 $ | 7 035,00 $ | 29,65 % |
| Gain en capital réalisé | 10 000,00 $ | 1 482,50 $ | 8 517,50 $ | 14,83 % |
| Dividendes déterminés canadiens | 10 000,00 $ | 638,97 $ | 9 361,03 $ | 6,39 % |
Intérêts : les 10 000 $ complets sont ajoutés au revenu imposable et imposés à 29,65 %.
10 000 × 29,65 % = 2 965,00
Gain en capital : avec le taux d’inclusion de 50 % utilisé pour cet exemple individuel de 10 000 $, seulement 5 000 $ du gain de 10 000 $ sont imposables.
5 000 × 29,65 % = 1 482,50
Dividendes déterminés canadiens : le calcul complet apparaît dans la section suivante.
Pourquoi les dividendes déterminés semblent si efficaces fiscalement dans cet exemple
Le résultat de 638,97 $ montre le fonctionnement du système de majoration et de crédit d’impôt pour dividendes : reconnaître qu’une société canadienne a déjà payé de l’impôt des sociétés avant de distribuer le dividende. Le dividende déterminé de 10 000 $ est majoré de 38 % à 13 800 $, ce qui approxime le revenu corporatif avant impôt qui le sous-tend. Ces 13 800 $ sont imposés au taux marginal :
13 800 × 29,65 % = 4 091,70
Les crédits d’impôt pour dividendes fédéral et provincial réduisent ensuite l’impôt à payer. Le crédit fédéral est de 15,0198 % du montant majoré :
13 800 × 15,0198 % = 2 072,73
Le crédit d’impôt ontarien pour dividendes est de 10 % du montant majoré :
13 800 × 10 % = 1 380,00
Impôt net :
4 091,70 − 2 072,73 − 1 380,00 = 638,97
La majoration n’est pas un revenu supplémentaire — c’est une étape de calcul. Les crédits sont ce qui réduit l’impôt. Les dividendes autres que déterminés utilisent une majoration plus faible (15 %) et des crédits plus faibles. Les dividendes étrangers ne reçoivent aucun crédit d’impôt canadien pour dividendes.
Note sur les sources : Les taux utilisés dans l’exemple ont été vérifiés à partir de sources officielles : tranches d’impôt fédéral 2026 de l’ARC / Gouvernement du Canada; taux et crédits d’impôt personnel de l’Ontario 2026; montant imposable des dividendes déterminés et autres que déterminés selon l’ARC; crédit d’impôt fédéral pour dividendes de l’ARC; Guide T5 de l’ARC sur les taux du crédit d’impôt fédéral pour dividendes; crédit d’impôt ontarien pour dividendes; lignes directrices de l’ARC sur les gains en capital imposables; et indication de l’ARC que les dividendes étrangers ne donnent pas droit au crédit d’impôt pour dividendes.
Le classement fiscal n’est pas le classement des placements
Le tableau ontarien donne l’impression que les dividendes déterminés dominent. Une précision s’impose avant d’aller plus loin.
Ce tableau compare seulement le traitement fiscal. Il ne compare pas le risque de placement, les mouvements de prix, la durabilité du dividende ni le rendement total. Le même retour en argent de 10 000 $ est supposé dans chaque colonne — mais trois placements différents ne produiraient pas automatiquement les mêmes 10 000 $ avant impôt. Une action à dividende cotée à la TSX peut tout de même baisser. Un rendement en dividendes élevé peut accompagner un mauvais rendement total. Changez la province, le niveau de revenu, le type de compte, le type de dividende ou le rendement avant impôt, et le classement peut changer.
Pourquoi le taux d’imposition le plus bas ne gagne pas toujours
Supposons deux placements : l’un verse 5 % d’intérêts et l’autre produit un gain en capital de 3 %. À un taux marginal ordinaire de 29,65 % et avec un taux d’inclusion des gains en capital de 50 % :
Placement à intérêts, après impôt :
5 % × (1 − 29,65 %) = 3,5175 %
Placement à gain en capital, après impôt — le frein fiscal effectif est la moitié du taux ordinaire parce que seule la moitié du gain est imposable :
3 % × (1 − 14,825 %) = 2,5553 %
| Placement | Rendement avant impôt | Frein fiscal effectif | Rendement après impôt |
|---|---|---|---|
| Placement à intérêts | 5,00 % | 29,65 % | 3,52 % |
| Placement à gain en capital | 3,00 % | 14,83 % | 2,56 % |
Le placement à gain en capital a un traitement fiscal nettement meilleur. Le placement à intérêts gagne quand même.
Le seuil d’équivalence
Pour que le placement à gain en capital égale le rendement après impôt du placement à intérêts de 5 %, il lui faut un rendement avant impôt de :
3,5175 % ÷ 0,85175 = 4,13 %
Le 0,85175 signifie que l’investisseur conserve 85,175 % du gain en capital après impôt.
Sous 4,13 %, le placement à intérêts gagne malgré son traitement fiscal moins favorable. Au-dessus de 4,13 %, le placement à gain en capital gagne. L’efficacité fiscale change l’obstacle — elle ne le franchit pas.
Les dividendes ne sont pas un rendement supplémentaire
Un dividende n’est pas un rendement ajouté à la valeur d’un placement — c’est une forme par laquelle la valeur arrive à l’actionnaire. Quand une société verse un dividende de 500 $, le cours de son action baisse généralement d’environ 500 $ à la date ex-dividende. Avant le dividende, la valeur était dans la société. Après le dividende, la même valeur se trouve dans le compte de l’investisseur sous forme d’argent. La forme a changé — la position de richesse totale, avant impôt, non.
Rendement total = Revenu + Variation du prix
Une action qui verse un dividende de 5 % et baisse de 8 % produit un rendement total de −3 %. Une action sans dividende qui monte de 8 % produit +8 %. La deuxième action était le meilleur placement. Le système fiscal traite chaque forme de rendement différemment, ce qui rend la forme pertinente — mais cela ne rend pas les dividendes supérieurs par nature.
Les comptes enregistrés peuvent changer la réponse
Tout ce qui précède suppose un compte imposable. Les comptes enregistrés changent l’analyse parce que la nature fiscale du revenu à l’intérieur du compte ne détermine plus l’impôt au retrait.
Dans un CELI, la croissance des placements et les retraits sont généralement libres d’impôt, donc les différences entre types de revenus disparaissent largement. Dans un REER ou un FERR, la croissance est reportée, mais tous les retraits sont imposés comme revenu ordinaire, peu importe que le compte ait accumulé des intérêts, des gains en capital ou des dividendes déterminés — le crédit d’impôt pour dividendes ne peut pas être réclamé sur les retraits. Dans un CELIAPP, le traitement de compte enregistré s’applique lorsque le régime sert à l’achat admissible d’une première habitation.
Le même placement peut produire des résultats après impôt très différents selon le compte où il est détenu. Pour comparer les comptes, voir REER vs CELI vs CELIAPP et le calculateur CELI vs REER vs CELIAPP.
Conclusion
Au Canada, les intérêts sont généralement les plus lourdement imposés, les gains en capital sont souvent plus efficaces fiscalement, et les dividendes déterminés canadiens peuvent recevoir un traitement très favorable à certains niveaux de revenu grâce au système de majoration et de crédit d’impôt pour dividendes. Les dividendes autres que déterminés et les dividendes étrangers se situent entre ces repères d’une façon qui dépend des détails.
Le traitement fiscal est une donnée de la décision de placement, pas toute la décision. La meilleure question n’est pas quel type de revenu est le moins imposé — c’est : après impôt, après risque et après inflation, que fait réellement ce placement pour moi?
L’efficacité fiscale doit soutenir la stratégie de placement. Elle ne doit pas la remplacer.
FAQ
Quel type de revenu de placement est le plus imposé au Canada?
Les intérêts sont généralement les plus lourdement imposés dans un compte imposable. Chaque dollar est inclus dans le revenu imposable au plein taux marginal, sans inclusion partielle et sans crédit pour réduire l’impôt.
Les gains en capital sont-ils moins imposés que les intérêts au Canada?
Généralement, oui. Avec le taux d’inclusion de 50 % utilisé dans l’exemple ci-dessus, seulement la moitié d’un gain en capital est incluse dans le revenu imposable. Au même taux marginal, un gain en capital entraîne beaucoup moins d’impôt que le même montant d’intérêts.
Les dividendes déterminés sont-ils mieux imposés que les intérêts?
À plusieurs niveaux de revenu, oui. Le système de crédit d’impôt pour dividendes réduit fortement le taux effectif sur les dividendes déterminés canadiens. À 60 000 $ de revenu imposable en Ontario en 2026, le taux effectif sur les dividendes déterminés est de 6,39 %, contre 29,65 % sur les intérêts. Le résultat varie selon la province, le niveau de revenu et le type de compte.
Les dividendes déterminés et autres que déterminés sont-ils imposés de la même façon?
Non. Les dividendes déterminés utilisent une majoration de 38 % et un crédit fédéral de 15,0198 %. Les dividendes autres que déterminés utilisent une majoration de 15 % et un crédit fédéral de 9,0301 %. Les crédits provinciaux diffèrent aussi. Les deux catégories ne sont pas interchangeables.
Les dividendes étrangers sont-ils imposés comme les dividendes canadiens?
Non. Les dividendes étrangers ne donnent pas droit au crédit d’impôt canadien pour dividendes et sont inclus en totalité dans le revenu, un peu comme les intérêts. Une retenue d’impôt étrangère peut aussi réduire le montant reçu avant qu’il arrive dans un compte canadien.
Faut-il choisir ses placements selon leur traitement fiscal?
Le traitement fiscal doit être une donnée de la décision, pas toute la décision. Comme le montre l’exemple du seuil d’équivalence, un placement dont le traitement fiscal est moins favorable peut quand même produire un meilleur résultat après impôt si son rendement avant impôt est assez élevé. L’étiquette fiscale ne remplace pas l’évaluation du placement lui-même.